Mon "Peugeot" cyclotouriste avait 21 ans. Fin août 2004, une ultime fois, je me suis trouvé le chevauchant dans la situation où soit je prenais le trou dans la route (à 30km/h), soit je me prenais la voiture sur ma gauche, celle qui avait commencé à me dépasser mais n’avait jamais terminé sa manoeuvre...

Une ultime fois, j’avais pris le trou. Je n’avais que 36 ans après tout. Une ultime fois, j’y ai laissé la rectitude de ma jante (à l’arrière car j’ai toujours ce réflexe de soulever la roue avant pour ne pas passer par dessus...). Une énième fois, j’ai crevé à l’arrière. Deux rayons n’ont pas apprécié le choc, ils se sont vengés sur la chambre à air...

Dégouté, j’ai repris le chemin des transports en commun jusqu’à la fin janvier. J’avais reçu un beau cadeau : un chèque pour un vélo. Je l’utilise enfin. Un beau vélo, solide. Jantes renforcées, fourche et selle amorties, porte-bagages costaud. Le 5 février, une nouvelle vie : je repars à vélo... Ah ! Mes 10 km quotidiens, comment ai-je pu vous métroïser pendant si longtemps ? Après quelques semaines, je retrouve mes 24-27km/h en croisière, mes 16/19 km/h en moyenne. Et les 35/38 km/h en pointe. Que du bonheur !

14 juin. 965 km plus loin. La lune de miel avec mon fier destrier est un peu finie. Je ne suis plus aussi attentif à le protéger de la horde à moteur. Le 15 juin, répétition de la scène de la fin août : une voiture sur ma gauche, une portière entrouverte à droite et au milieu, le trou, horrible. 500 mètres plus loin, je continue à pied : un rayon s’est vengé du mauvais traitement sur ma chambre à air.

Le marchand s’étonnera : "vous la faites souffrir votre machine..." . Je lui explique le choc fatal. Il réparera. A la récupération de mon précieux allié, il en rajoute : "n’empêche, vous faites peut-être 100 kilos, vous roulez peut-être vite, mais ce vélo, vous le maltraitez ! Vous ne feriez pas de la danseuse sur les pédales et tout ça ?" Et bien , non. La danseuse, je fais pas. Donc les roues voilées, c’est pas ça. Ce n’est pas non plus les trottoirs, je ne les prends pas. Ni les pneus mal gonflés : à 70 psi, c’est confortable et on crève beaucoup moins.

Proposition du marchand : "Vous devriez peut-être changer d’itinéraire, il y a beaucoup de rues en trop mauvais état pour rouler à 25km/h à Bruxelles". Moi : "Vous croyez ? je verrai... Non, il me semble que ça va encore...". Tout était dans le "encore".

Ce matin, j’ai pris mon super-numérique de poche avec l’idée de photographier les trous et la "tôle ondulée", ces endroit où les trous rebouchés font des bosses, non moins inconfortables mais dont on s’imagine qu’elles n’abiment pas le vélo. Tout dépend de la quantité sans doute. Après 2400 mètres : memory full. 36 photos d’endroits où la route secoue ou plus. Je n’avais jamais réalisé. Avec une telle densité, avoir tenu 4 mois sans un incident majeur tient presque du miracle ! Les photos ne sont pas terribles, les bosses et fosses pas toujours impressionnantes. Mais elles sont toutes (et tous) situés sur les 2 premiers kilomètres de mon trajet quotidien... Les cyclistes apprécieront, j’en suis sûr... Je vous laisse admirer.


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Saignée avec affaissement Trou suivi de saignée avec trou Saignée et plaque d'égout en surplomb Saignée suivie d'un creux puis de "tôle ondulée" Tôle ondulée - la même Tôle ondulée Casse-vitesse En sortie : revêtement dégradé et tôle ondulée Tôle ondulée No comment Tôle ondulée - revêtement dégradé Idem Tôle et trous (petits et grands) Idem Tôle ondulée, plaques diverses et trous Trous, tôle No comment Idem Idem Idem Saignée, trous, plaques... Trous rebouchés... et en "préparation"... Trous et bricoles No comment Tôle ondulée agrémentée de trous Egout, trou, saignée et plaques Un must - no comment ! Il n'y a plus qu'à viser juste Saignée parallèle et revêtement dégradé Variations sur un air de saignée (creux puis bosse) Entre tôle ondulée et revêtement dégradé, assaisonné de trous Saignée, dégradé et tôle ondulée spéciale vélo Trous cadeaux-bonus Saignée : tôle ondulée ou trous ? Saignée bombée, ou en creux, trous et plaques en surplomb ou en (...) Une petite dernière